Karate

Article très intéressant

Ce sujet a 3 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  Erwan, il y a 11 mois et 2 semaines.

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
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  • #6523

    Philippe
    Membre

    J’ai pris connaissance de cet article avec grand intérêt, ce qui ne va pas t’étonner !

    Je te fais part des remarques qu’il m’inspire, en l’état de mes lectures jusqu’à ce jour ou de mes échanges verbaux :

    1. Le principe de l’absence d’existence de « blocages » au sens propre du terme, dans le Karaté, tel qu’il est affirmé ici, s’inspire très certainement de la « voie du sabre » dont le Karaté Do est issu (c’est ce que j’ai lu, les jambes et les bras se substituant au sabre)

    On remarque en effet que dans la pratique du sabre, il n’est jamais évoqué le terme « blocage », mais plutôt, les esquives, les feintes, l’étude de l’adversaire et la gestion de la distance, en dehors de l’attaque

    Toutefois, le mot « parade » est quelquefois abordé.

    Par ailleurs, l’article renvoi à l’enseignement des premiers Maitre du Karaté, tel qu’il nous est parvenu dans le temps, voir tel qu’il a été compris ou assimilé.

    Je suis d’accord.

    C’est bien les seuls points, en l’état de mes connaissances actuelles, qui me permettent de comprendre une telle affirmation

    2. Cette déclaration ne me semble pas tenir compte de certains principes du Karaté :

    · Si les blocages n’existent pas, il n’est donc pas nécessaire de se mettre en position de garde, celle-ci étant alors elle-même inutile. Autant travailler dès le départ en go no sen ou en sen no sen, cela ne me semble pas possible pour les débutants et même pour l’étude du karaté jusqu’à un certain niveau. Autant dire que le karaté serait alors réservé à une élite de combattants

    · Les techniques de « uke » tels que certains Maitre Japonais les enseignaient, devaient avoir les mêmes effets qu’une attaque. Un blocage particulièrement puissant et positionné sur un point faible ou vital, devaient avoir les mêmes effets que l’attaque elle-même

    · Le Karaté ne se limite pas au combat contre un seul adversaire à mains nus :

    · Quelles techniques face à plusieurs adversaires ? Les Katas nous apportent la réponse avec les doubles blocages ou bien le blocage avec l’attaque de l’autre bras

    · Quelles techniques face à un adversaire armé d’un bâton qui lui donne de plus l’avantage de la distance ? ou d’un couteau ?

    En résumé, il me semble que le principe de « Il n’existe pas de blocages en Karaté » me semble ne pas devoir s’apprécier au sens pratique du terme mais plutôt au sens philosophique du combat en général, de la même manière « qu’il n’existe pas de première attaque en Karaté » tel que l’affirmait Mte Funakoschi.

    J’attends avec impatience ton avis et ceux des autres Karatékas qui se seront intéressés à cette question pour un débat certainement animé !

    Amitiés,

    Philippe

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 2 semaines par  Gilles.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 2 semaines par  Gilles.
    #6524

    Erwan
    Participant

    C’est en tout cas ce que Patrick nous incite à travailler et je trouve cela très enrichissant bien que perturbant!
    Et maintenant que tu as ton 1er dan, ce dont je te félicite, l’apprentissage ne fait que démarrer !
    C’est ce qui fait la force de notre discipline et des arts martiaux : pour le passionné, la recherche et l’étude du Karaté est infinie!
    Tu as donc du boulot!!
    Amitiés

    Pour compléter nos échanges et la discussion de mercredi, voir le bel article ci dessous sur le sujet des blocages. Attention c’est en Anglais.

    Your Karate “Blocks” Are Dysfunctional. Here’s Why.

    Bonjour à tous ! Je n’ai que peu de connaissances dans les origines du karaté, la philosophie des premiers maîtres. Je ne connais rien non plus aux techniques de combat avec des lames qui sous-tendent pourtant la réflexion, si j’ai bien compris. J’aurais donc bien du mal à placer mon analyse dans le contexte du karaté pur, historique, fondamental, issu des techniques de combat des samuraï et des ninja. L’apport de Philippe est captivant.

    Mon sentiment est qu’il n’y a pas de réponse toute faite. Tout dépend du contexte (là, je ne me mouille pas trop…La réponse de normand). J’observe alors différentes formes de combat. Y retrouve t-on les blocages que l’on connait dans le karaté ? Dans quels contextes retrouve t-on des blocages ? Quelques exemples :

    – Sistema / Close combat : On retrouve plus des techniques “d’encaissement”, de protection ou d’évitement pour sauver le principal dans l’immédiat dans le but de répondre immédiatement. Donc ce sont des techniques de protection avec les bras enveloppant la tête, un peu comme les boxeurs en corps à corps.

    – bagarre de rue : c’est tellement chaotique, l’énergie est tellement forte mais désordonnée que les blocages n’ont pas lieu d’être dans la plupart des cas.

    – Kung fu : ce que j’ai observé c’est plus des techniques d’absorption ou d’évitement/riposte.

    – Les sports qui sont un peu le combat ultime pour moi : MMA, boxe thaï : pas de blocages, juste des protections pour encaisser la vague, protéger les zones vitales puis repartir si on peut.

    Mais je ne jetterais pas les blocages du karaté à la poubelle pour autant. Je pense que l’article va un peu vite en besogne, mais je peux me tromper. S’entrainer en Uke en karaté est une sorte de solfège du combat. On ne fait évidemment pas un concert philharmonique avec du solfège. Mais le solfège est indispensable en amont à la qualité de la prestation philharmonique. Le travail en Uke, tout comme le travail du couple kata/bunkaï est un moyen d’emmagasiner du réflexe, la notion de distance, la notion de vitesse, de réalisme ou pas, créer une bibliothèque de situations qui viennent se loger quelque part dans la mémoire et ressortent le moment opportun de manière instinctive. Bien-sûr qu’un Uchi uke sera très difficile à replacer face à un “crochet de forain” dans un combat de rue par exemple. Mais l’avoir répété 2000 fois, c’est toute la cinématique du coup, sa trajectoire, la distance, l’anticipation de ce qui viendra après qui auront été intégrés. Le Uchi Uke ne sera alors pas un Uchi Uke mais sera peut-être restitué en un geste d’absorption qui “fixe” l’adversaire et organise un peu la riposte dans la mesure où cet événement aura déjà été vu de multiples fois.

    Voilà, c’est plus dans cet esprit-là que je conçois le travail Uke au 21ème siècle. Cet article ouvre une brèche mais je n’irais pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En revanche, à mon avis, le travail académique, artistique en Uke ne suffit pas à l’efficacité aujourd’hui. Il faut des aller-retours entre ce travail et le combat pour intégrer ce formidable travail de base dans un savoir-faire plus pragmatique. Du kata/bunkaï, dutravail en uke, du sac de frappe, de la pate d’ours et du combat, je pense que ça commence à causer en termes d’intégration de tous les éléments du combat et donc d’intégration de la notion de blocage dans la séquence du combat. Le puzzle prend forme.

    Autre point, le plaisir. S’entrainer toujours pour une hypothétique mise en application un jour, c’est un investissement un peu hasardeux. Quelle est la probabilité d’avoir à utiliser le karaté un jour pour se protéger ? Du coup, un autre point d’intérêt peut aussi être le plaisir simple, sans objectif bagarreur, de faire ces techniques, de les rendre plus pures. La technique pour la technique.

    Mais j’ai conscience qu’il s’agit d’un sujet à tiroirs. On n’en finirait pas d’en parler… Autour d’une bière un de ces jours ?

    Mais toi Patrick qu’en penses-tu ?

    A samedi 😉

    Erwan

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 11 mois et 2 semaines par  Gilles.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 11 mois et 2 semaines par  Gilles.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois et 2 semaines par  Gilles.
    #6528

    Patrick
    Admin bbPress

    Bonsoir Erwan et Philippe

    Merci à toi Erwan pour ce sujet qui demanderait à écrire des thèses ou à en parler ou encore philosopher des nuits entières.

    Et je n’avais aucun doute que cela allait aussi passionner Philippe.

    J’ai particulièrement pris plaisir à vous lire tous deux.

    « Les blocages n’existent pas » C’est un sujet de paradoxe qui demande réflexion à tous karatékas, ou plutôt tout combattant.

    Erwan, j’ai apprécié ton analyse des autres styles de combat. Et ce dont on en constate c’est que l’on retrouve plus particulièrement des techniques d’encaissement (MMA, boxe, boxe thaï…) à défaut d’esquive et peu ou pas de blocage en tant que tel.

    Mais revenons au karaté.

    D’après le texte d’Areski Ouzrout, (et ce dont j’ai entendu par transmission de savoir), Maitre Itosu puis Gichin Funakoshi étant à l’origine du karaté, à codifier une forme de pratique pied / poing pour les enfants: « Le but de l’enseignement aux enfants n’est pas de les former à une méthode de combat mais d’utiliser le karaté comme support pour faire du sport afin de forger athlétiquement une jeunesse. La pratique est donc essentiellement basée sur la répétition de mouvements de base exécutés dans le vide, sous forme de katas et de kihon. Cette démarche change radicalement la pratique du karaté qui se faisait surtout à deux et dans une optique de self-défense et de survie….Cette démarche était tout à fait pertinente pour adapter la pratique du karaté aux enfants dans le contexte de l’époque »

    Mais ce texte ne parle pas du déroulement de ses réflexions ou de ses enseignements avec des adultes qui l’ont amené à ce type d’enseignement codifié encore moins de ses maitres.

    Autres parties du texte que j’apprends et que je n’avais pas bien assimilé lors d’une première lecture rapide (merci Philippe) :

    « Le terme japonais « uke » qui veut dire « accueillir, recevoir » a été mal traduit par « block » en anglais ce qui est devenu « blocage » en français. Cette traduction induit un comportement psychologique et tactique qui vont à l’encontre de la recherche d’efficacité en combat de self-défense.. »

    Remontons le temps, pour mieux appréhender, l’origine de ce qui n’existe pas pour certain.

    On dit que vers l’an 490, un moine de provenance d’inde, Bodhidharma fut accueilli au sein du monastère Shaolin en chine.

    Il pratiqua l’enseignement du zen. Mais sa pratique de méditation en position de lotus affaiblissait les moines et ne les aidait pas à maintenir l’esprit dans un état de méditation.

    Alors il leur enseigna une méthode de gymnastique d’éveil du corps et de renforcement constitué de 109 mouvements basés sur une pratique externe et interne.

    De plus pour se subvenir, les moines devaient régulièrement quitter le monastère pour aller au village avoisinant pour ramener des victuailles. (il fallait bien manger)

    Un des problèmes à cette période était la rencontre des brigands. Et bien sûr, les moines se faisaient rosser ou tuer.

    Face à cette problématique, Bodhidharma leur enseigna une méthode de self défense (déjà à cette époque) en gardant à l’esprit qu’il faut respecter toute personne.

    Le cœur et l’esprit de ses gens d’exception quoi qu’il en soit devait accueillir l’autre. Mais face à la violence des bandits il fallait savoir dire NON car leur vie était en danger.

    Alors les pratiques les plus adaptées n’étaient pas d’encaisser les coups mais plutôt de dire NON, de bloquer les attaques ou d’esquiver car la riposte était interdite…

    Quel type de blocage? Je pense que l’enseignement était basé sur toutes les formes de blocage pour maitriser l’ennemi ou le convaincre de ne pas continuer sans le blesser.

    Car il pouvait être armé de couteau, de sabre ou de bâton….

    Pour cela il fallait percevoir l’attaque, capter l’énergie de l’adversaire et le retourner contre lui. (déjà un travail d’énergie ou plutôt d’éveil)

    Serait-ce l’origine de la self défense, du Tai-chi ou du karaté ?….. Il fallait quand même des années pour que différentes formes de pratiques en découlent hors du monastère Shaolin suivant la compréhension des futurs maitres et surtout leur feeling.

    Mais est-ce vraiment le feeling ou l’apprentissage de la vie qui les a amenés sur le chemin de leur destinée?

    Avec le temps, la boxe chinoise, le tai chi chuan, le wu shu, le kung fu apparurent en chine (Techniques qui allient l’interne et l’externe).

    Et si on s’intéressait maintenant à l’histoire politique de nos 2 pays de prédilection (Chine et Japon).

    Pour mieux aborder les préceptes d’un pays, il faut prendre conscience de la morphologie des êtres, de la manière dont le peuple a été gouverné, de leur richesse, des religions pratiquées, de la dimension du pays et des problèmes rencontrés.

    La chine, grand pays, avec énormément de richesse qui, sous le joug de diverses dynastie Chinoise a du se protéger des invasions de plus de 15 pays avoisinants. (D’où la raison d’existence de la muraille de chine).

    Face aux envieux, ils ont entretenu des pratiques secrètes voir pour certains ésotériques dont ils ne voulaient pas divulguer. Pour cela ils ont créé des critères d’acceptabilité. La muraille de chine est un exemple de blocage d’invasion des huns ou autres types de peuplade et derrière ce mur une armée de dissuasion (c’est encore l’une des plus puissantes au monde). C’est un pays qui s’est enfermé, qui, durant des décennies a fait blockus et a sélectionné les pays d’échange. Leur religion de pratique, le bouddhisme et le taoïsme axés sur la croyance en plusieurs dieux et surtout à la capacité à l’homme de faire du bien en préservant son intégrité.

    Mais depuis toujours les empereurs chinois jalousent et ont peur du peuple Tibétain auxquels ils attribuent des pratiques auscultes impropres à leur pays: d’où massacre, tuerie, esclavage de masse..

    Peur de perdre le pouvoir sur le peuple.

    Le japonais, de grande envergure, a toujours été envieux des chinois et de leur pratique mystérieuse. Fort de leur droiture d’esprit et de comportement, ils ont tendance à aller droit devant, de foncer dans le tas comme on dit ou de trancher de leur verbe ou de leur sabre. Ça passe ou ça casse. Ils ont excellé dans les arts externes. Tout comme leurs politiques et leurs communications tournées vers l’extérieur pour enrichir leur interne.

    La majorité de leur savoir et de leur religion proviennent de leurs conquérants navigateurs qui ont ramené les richesses des autres pays.

    De ces savoirs ils en ont pris la quintessence et l’ont adapté à leur culture.

    Les chinois excellaient dans l’interne et le japonais dans l’externe.

    Suite à diverses mésententes de familles chinoises avec l’empereur, certains furent dans l’obligation de quitter le pays pour se réfugier dans l’île d’Okinawa sous occupation japonaise. Les chinois durent s’entrainaient dans l’ombre, sans armes et surtout la nuit, pendant de longues années avant que les masters Yin chinois rencontra ceux du Yang japonais.

    Les japonais friands de ce cadeau supplémentaire enseignèrent la méthode chinoise en complément à leur pratique, kendo, judo…

    Ils s’exercèrent à une pratique de combat main ouverte pour permettre au Ki de circuler : car la pratique avec le ki donne plus de puissance et d’explosivité.

    Le problème rencontré fut que le corps n’étant pas prêt à ce type de combat, les pratiquants se luxaient les doigts et les poignées.

    Mais le contexte politique du japon de l’époque était qu’il fallait former des combattants au plus vite ; une armée d’expert en tout genre pied/poing, sabre, bâton….

    C’est pourquoi une campagne de préparation de la jeunesse avait été lancée.

    Alors on referma les poings et on effectua le renforcement du corps une priorité.

    Et on inculqua le karaté dans les écoles en adoptant une progression rationnelle d’évolution de la pratique.

    Mais revenons à notre sujet de base « Les blocages n’existent pas ».

    Connaissant maintenant l’historique des blocages et attaques qui ont été codifiés pour les besoins d’un apprentissage de masse, il est intéressant maintenant de s’intéresser à comment a été structurer l’évolution du karaté dans le temps ? Quels sont les critères qui définissent les niveaux de ceinture ?

    Anko Itosu, Gichin Funakoshi et Jigoro Kano étaient des visionnaires de génie, des éducateurs hors paires.

    Nous avions là des hommes qui pour complaire aux contextes et besoins politiques, ils surent mettre en place des moyens de façonner l’homme en combattants.

    1° étape : créer le besoin dans l’esprit

    2° étape : manipuler la masse

    3° étape : préparer les corps

    4° étape : façonner l’esprit

    5° étape : créer un phénomène de vénération à un maître surpuissant et idolâtré. Besoin de s’identifier, de se référencer.

    6° étape : libérer le corps et l’esprit

    7° étape : discipline, obéissance sans retenue

    Pour aborder toutes ses étapes, en prime abord, la priorité était la préservation de son être. Et pour cela il fallait que le débutant prenne connaissance de ses limites psychiques et physiques.

    Qu’il soit conscient que ces limites sont en fonction de ses membres, et de sa capacité de ré-activité face à une agression et que la pratique est concevable.

    Tous les katas commencent par un blocage. Car l’esprit de l’être humain est ainsi, avant d’aller vers l’autre je me protège d’abord au cas ou… car j’aurais jugé en bien ou en mal.

    L’apprentissage des blocages m’aide à acquérir de l’assurance et à mieux définir mes limites acceptables, ma zone et petit à petit à être réactif.

    Alors on ferma les poings sur les blocages et les attaques pour diverses raisons :

    · Physiologique : gainage des tendons, verrouillage des articulations, ancrages, tension musculaire, vitesse de frappe…soit perfectionnement de la biomécanique

    · Psychologique : contrôle du corps, des membres, contrôle de la respiration, de des émotions, de ki originel, du caractère, de la fougue (tout débutant n’est pas conscient de tout cela).

    · Parce que le débutant n’est pas encore prêt pour accueillir l’autre pour travailler en harmonie. Il est en conflit avec lui-même. Quand il aura trouvé la paix intérieure il pourra ouvrir les mains.

    La pratique sans blocage tels que la MMA, la boxe, la boxe thai s’appuient sur le physique et l’agressivité. Alors que le fin du fin du karaté est le lâcher-prise à toutes émotions négatives, l’esprit libre, réceptif, capable de capter,

    L’apprentissage des blocages (obligatoire à mon sens) est progressive et de plus en plus compliqué avec le temps et les niveaux de ceinture.

    · Go no sen : blocage réaction dans l’axe, puis en se désaxant et le must en avançant.

    · Irimi : le blocage et contre-attaque de l’attaque en avançant dans la garde de l’adversaire.

    · Sen no sen : perception de l’intention, contre-attaque avant que l’action de l’adversaire soit faite. C’est la forme finalisée sans blocage.

    Ses formes de combats sont codifiés et progressives (kihon ippon kumité, ippon kumité ou kumité) pour amener aux combattants de s’exprimer aux mieux face à un seul ou plusieurs adversaire.

    He oui !! Le blocage est nécessaire jusqu’à la ceinture noire, c’est une forme d’apprentissage d’acceptation et de définition de nos propres limites et de notre capacité de ré-agir promptement physiquement et mentalement.

    Ceinture noire, c’est la concrétisation de son moi, le corps est conditionné, l’esprit est libéré, le ki peux circuler encore plus librement en relâchant le corps et pratiquant les blocages main ouverts.

    Physiologiquement, il y a peu de risque d’entorse des doigts ou des poignets car les tendons et les muscles sont renforcés.

    il est facile d’en venir rapidement à une pratique en sen no sen (l’action qui précède l’attaque) mais c’est quasiment impossible face à un groupe où il faut gérer la situation avec des attaques venant de partout

    Dans ce cas particulier le go no sen bien appliqué peux être aussi efficace.

    Prenons maintenant différentes situations de combats avancés entre 2 ceintures noires aguerris qui travaillent le Ki. (Tori et Uke)

    Tori et Uke sont de même niveau technique. Ils ont la même capacité physique (s’en parler de la morphologie) et ont les sens affinés capable de percevoir l’intention de Tori. Immanquablement ce sera Tori le perdant car Uke aura l’esprit libre pour percevoir l’intention d’attaque de uke. Sen no sen ou go no sen ?? Il a l’embarras du choix.

    Là encore le travail sera encore plus riche :

    Pour Tori

    · Tori doit surprendre par son attaque s’il veut gagner, simuler ou feinter

    · Attaquer l’esprit libre (quasiment impossible)

    · Travailler la connexion sur le point de frappe et fondre dessus comme l’aigle sur sa proie.

    Pour Uke

    · Attendre l’attaque de Tori et lui laisser croire à la touche en effectuant un blocage d’arrêt, de déstructuration de la posture, de déviation, de modification de la distance

    · Esquiver en s’approchant

    · Attaquer en sen no sen.

    Autres situations, même niveau technique et physique, morphologie différentes.

    Cela ne devrait pas changer. Chacun aura une difficulté a surmonté. Le plus grand devra essayer de battre de vitesse le plus petit en prenant avantage de son allonge en sen no sen. Et le plus petit sera plus particulièrement dans l’obligation d’utiliser le go no sen ou irimi pour rattraper l’écart de distance. Il y aura toujours un lèger avantage pour Uke capable de lire en Tori.

    Autres cas particuliers de situation que l’on ne retrouve pas forcément dans un dojo.

    L’un des 2 a peur ou l’adversaire est manifestement trop fort, trop rapide, trop puissant, invincible, ou c’est un maître d’arts martiaux, quelqu’un que l’on vénère.

    Incontestablement, celui qui est dans cet état d’esprit est malade (Malade de l’esprit comme dit Hino Akira).

    Il se met en position d’infériorité et il n’effectuera que de la contre-réaction (go no sen).

    Et inversement, celui qui est en face de moi est hors de lui, il veut me trucider (homme, femme ou même enfant dans les pays en guerre) et moi je vis dans un monde de confort ou il m’a été inculqué de génération en génération « tu ne tueras point » que dois-je faire si ce n’est bloqué, dire Non et intimé l’autre à la raison. Je sais que si je me lâche je serais capable de le détruire….

    Conclusion :

    Pour moi celui qui dit que « Les blocages n’existent pas » a un égo trop dimensionné.

    Celui-là même ne perçoit que des combats avec des frappes et des encaissements des coups en étant d’avance sur de gagner.

    Il ne pense qu’à imposer ses règles sans prendre conscience de la maturité d’esprit de son adversaire ; Peu lui importe. Il règle ses problèmes à coup de poing et encaisse.

    Alors que celui qui bloque, est en phase de communication, de négociation, d’échange en définissant ses limites acceptables et en prenant des leçons: UKE=recevoir bonne interprétation.

    Sur notre route il y a toujours quelqu’un de plus fort que nous, pour nous apprendre l’humilité.

    Et frapper l’autre pour faire mal, on se détruit aussi car l’espace d’un moment nous avons été faible.

    Alors la question est pourquoi s’entrainer, pourquoi effectuer du karaté ?

    De nos jours au sein d’un pays en paix, cela apporte assurance, capabilité d’interagir avec autrui et non pas contre dans le respect de nos limites, possibilité d’évacuer un trop plein et surtout partage.

    C’est le principe que j’essaie de mettre en place au sein du karaté MAIDO (l’art de la connexion).

    C’est le principe que j’ai toujours utilisé toute ma vie même dans des situations de conflit.

    Amicalement

    Patrick

    #6529

    Erwan
    Participant

    C’est passionnant ! Et l’on réalise qu’arrivé à un certain point d’avancement, la réflexion devient de plus en plus subtile. Un mélange de stratégie et de philosophie, de compréhension de soi-même et des autres, de psychologie voire de spiritualité. Pfou… c’est vaste !

    D’emblée j’ai des questions multiples. Par “esprit libre” veux-tu dire “absence d’émotions”, “absence de réflexion”, “réception totale de l’environnement” ? Un peu de tout cela ?

    Le travail que vers lequel tu nous as orientés hier tendait vers ce nouvel état d’esprit, n’est-ce pas ?

    Je trouvais aussi, mais sans réussir à l’exprimer de manière aussi développée et consciente, que l’auteur allait vite en besogne et était un peu trop radical vis-à-vis des blocages. La discussion va bien au-delà. Comme il y a plusieurs niveaux d’auras, allant de la plus basique (éthérique) à la plus subtile, il existe plusieurs niveaux d’interprétation des arts martiaux en général et des sports de combat en particulier. Le bas éthérique est peut-être le sport de compétition, basique, “extérieur” si j’ai bien compris ton message, le plus élevé se rapprochant de…. ben je ne sais pas de quoi, en fait. Quelque chose comme l’enseignement de Lavorato, peut-être ? Qu’en penses-tu ?

    As-tu des livres à recommander sur ces sujets ? Nous avons 8 heures de vol pour la Guadeloupe demain après-midi. Je me verrais bien dévorer un bouquin sur le sujet 😉

    Bonne soirée.

    Erwan

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